La consommation d’OGM, de manière chronique peut entraîner la mort, l’impuissance sexuelle, l’avortement, cancer du sein, la modification d’ADN et bien d’autres maladies.
« Consternés, inquiets et indignés. » Les termes employés par les organisations et réseaux sénégalais qui défendent l’agriculture familiale donnent une idée de leur choc en apprenant l’adoption surprise, le 3 juin, à l’Assemblée nationale du Sénégal, d’un projet de loi sur la biosécurité. À Dakar, Jean-Michel Sène, chargé de programme au sein de l’ONG Enda Pronat, parle d’un « coup dur ».
Non seulement ce texte a été approuvé par les député·es à l’unanimité, sans débat, par le biais d’une procédure d’urgence, moins de deux mois avant des élections législatives, et sans que la société civile soit préalablement informée ni consultée, mais il va permettre l’utilisation de semences OGM. Il fait ainsi voler en éclats le principe de précaution sur lequel est fondée la législation actuelle, en vigueur depuis 2009, et que les autorités avaient fini par accepter après de longs débats houleux avec les organisations paysannes et leurs soutiens.
« Cette loi n’est dans l’intérêt ni des paysans ni des consommateurs », affirme Amadou Kanouté, directeur exécutif de l’Institut panafricain pour la citoyenneté, les consommateurs et le développement (Cicodev), une association de consommateurs basée à Dakar.
Dans un micro-jardin du centre social Derklé, à Dakar en 2016. © Photo Seyllou / AFP
Certes, il était devenu évident depuis quelques années que les autorités cherchaient à ouvrir le pays aux OGM, synonymes de « sécurité alimentaire » pour le président Macky Sall et l’Autorité nationale de biosécurité, mais les partisans d’une autre voie espéraient, par le dialogue, éloigner cette perspective.
Les Organismes Génétiquement Modifiés sont des organismes vivants dont le patrimoine génétique a été modifié par l'homme pour leur conférer de nouvelles propriétés. Les OGM peuvent être des plantes, des animaux ou des micro-organismes et sont utilisés dans de nombreux secteurs, notamment médicaux, industriels, agricoles et agroalimentaires.