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Le Président Diomaye Faye annule les concessions minières accordées à Ciments du Sahel

Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a récemment pris une décision majeure, en annulant deux décrets signés par son prédécesseur, Macky Sall, relatifs aux concessions minières accordées à Ciments du Sahel, propriété de Latfallah Layousse. Ces décrets, qui prolongeaient l’exploitation d’argile, de latérite et de calcaire, pour une durée de 25 ans, ont été jugés illégaux et non conformes aux textes en vigueur.


Les décrets n°2025-275 et n°2025-276, publiés au Journal officiel, annulent respectivement, les décrets n°2024-782 et n°2024-783 du 26 mars 2024. Ces derniers prolongeaient jusqu’en 2049, l’exploitation de gisements situés à Thicky et Kirène par Ciments du Sahel, entreprise dirigée par Latfallah Layousse, un puissant homme d’affaires qui entretient des relations financières étroites avec l’État du Sénégal.

Ce qui interpelle dans cette affaire, c’est le timing des décisions de Macky Sall. En effet, ces concessions ont été accordées, deux jours seulement après l’élection présidentielle du 24 mars 2024, alors que le pouvoir exécutif était en pleine transition. Ce contexte a suscité des interrogations sur les motivations réelles derrière ces prolongations.

Des violations légales avérées

Les raisons de cette annulation reposent sur plusieurs manquements juridiques majeurs :

🔹 Non-respect des règles de l’UEMOA : Les prolongations accordées à Ciments du Sahel violaient le Règlement n°02/2023/CM/UEMOA du 16 juin 2023, qui limite la durée des renouvellements à 20 ans maximum. Or, Macky Sall avait octroyé des extensions de 25 ans, dépassant ainsi la durée légale autorisée.

🔹 Violation du Code minier : Les décrets annulés se basaient sur l’article 29 du Code minier de 1988, pourtant abrogé par les lois 2003-36 et 2016-32. L’ancien régime a donc utilisé un fondement juridique caduc et invalide, pour justifier ces concessions.

Un signal fort du Président Diomaye Faye

Cette annulation confirme la volonté du Président Bassirou Diomaye Faye de mettre fin aux pratiques opaques et de rétablir une gouvernance transparente dans l’exploitation des ressources naturelles du Sénégal. Elle s’inscrit également dans sa politique de “Jub-Jubal-Jubanti”, qui vise à corriger les irrégularités du passé et à garantir une gestion saine du patrimoine national.

Cependant, cette décision pourrait avoir des conséquences économiques et politiques. Latfallah Layousse, le patron de Ciments du Sahel, est connu pour son influence financière, ayant à plusieurs reprises prêté de l’argent à l’État sénégalais, notamment plus de 100 milliards FCfa récemment. Cette situation soulève des questions sur l’impact de cette annulation sur les relations entre le secteur privé et l’État.

L’affaire est loin d’être terminée, et il reste à voir comment Latfallah Layousse et Ciments du Sahel réagiront à cette décision.
 





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« Une position incohérente et hypocrite », Capitaine Touré recadre Me Youm après sa déclaration sur l’amnistie

L’ancien capitaine de la gendarmerie et actuel Directeur général de l'Agence d’Assistance à la Sécurité de Proximité (ASP), Seydina Oumar Touré, a vivement critiqué la récente prise de position de Me Oumar Youm, ancien ministre sous le régime de Macky Sall.

S’exprimant sur la polémique autour de la loi interprétative qui sera soumise au vote le 2 avril à l’Assemblée nationale, Seydina Oumar Touré s’étonne de l’attitude de l’ancien ministre, qu’il juge contradictoire avec son propre engagement politique. « J’ai parcouru le texte de Maître Oumar Youm, ancien ministre du Président Macky Sall. Je trouve sa position très paradoxale, c’est à la limite une négation de son appartenance politique », a-t-il déclaré.

Me Youm, de son côté, dénonce cette loi interprétative qu’il considère comme une reconnaissance implicite des crimes et délits imputés aux membres du PASTEF. Il estime qu’au lieu d’abroger la loi d’amnistie promise, le pouvoir en place propose un texte « indigeste » visant, selon lui, à protéger des « délinquants » au détriment de ceux qui ont défendu la République.

En réponse, Seydina Oumar Touré remet en question la cohérence de la démarche de Me Youm, rappelant que cette loi a été adoptée sous son propre gouvernement. « Faire voter une loi par son parti en marge des canaux appropriés, en moins d’une année, et ‘espérer’ son abrogation, tout en reprochant au régime en place de ne pas l’avoir abrogée, me paraît incroyablement incohérent et foncièrement hypocrite », a-t-il asséné.

Allant plus loin dans son analyse, l’ancien officier de la gendarmerie accuse l’ancienne majorité, aujourd’hui dans l’opposition, de manquer de respect au peuple sénégalais. « Aujourd’hui plus que jamais, le pouvoir de jadis, opposition actuelle, repousse inexorablement les limites de l’irrespect et du manque de considération vis-à-vis du peuple souverain », a-t-il conclu.